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Aurores polaires: entre science et mystère

Parmi les phénomènes terrestres les plus fascinants, figurent sans nul doute les aurores polaires. Depuis des millénaires elles dansent dans le ciel des pôles, et fascinent l’imaginaire collectif. Et si l’on commence à bien comprendre leur processus de formation, elles demeurent toujours étonnantes.

Voir sa première aurore est une expérience hors du temps. J’ai eu ce privilège en Laponie suédoise, en février 2016. Alors que je la guette impatiemment dans la ciel du nord, je comprends que l’aurore est insaisissable : nulle garantie de l’apercevoir, tant les conditions pour qu’elle apparaisse sont nombreuses. Après quelques jours de patience la chape de nuages finit par se dissiper, l’alchimie opère. Le ciel noir se pare de lumières vertes, qui pulsent et dansent comme une draperie au vent. Je me sens minuscule. Cette agitation silencieuse génère un sentiment de paix et de joie mêlées : j’ai alors l’envie de danser avec elles. Le phénomène peut durer quelques minutes, ou plusieurs heures. Cela ajoute à leur côté insaisissable, et rend le moment plus précieux encore.

L’aurore est sans conteste un phénomène naturel poétique et mystérieux. Il suffit de se pencher sur les dernières données scientifiques pour comprendre qu’elles ne révèleront peut-être pas tous leurs secrets. Et c’est tant mieux.

Ces évènements observés généralement à proximité des pôles nord (aurore boréale) et sud (aurore australe) nourrissent les légendes. Les Sami, peuple autochtone au nord de la Scandinavie, racontent que les aurores sont formées par la neige soulevée par la queue du renard polaire. En finnois Aurore boréale se dit d’ailleurs Revontuli, ce qui signifie « queue de renard rouge ». Les Inuits du Groenland, eux, ne manquent pas d’humour, et pensent que ce sont les âmes des morts qui jouent au ballon avec le crâne des morses… Leurs shamans y effectueraient des voyages pour y puiser des conseils sur le traitement des maladies. Quand aux Inuits de l’Alaska, il y voient un véritable ballet païen où dansent les âmes de leurs animaux fétiches (phoque, cerf, saumon, béluga…).

Nos lointains ancêtres aussi étaient fascinés par ce phénomène, et l’ont retranscrit depuis l’antiquité. Le premier à formuler des explications naturelles sur leur formation serait le philosophe Grec Anaximandre au VIème siècle avant Jésus Christ. Il s’agissait selon lui de nuages de gaz enflammés. Plus tard Hippocrate s’est basé sur les lois de l’optique pour supposer qu’il s’agissait de réflexions de la lumière sur la glace…

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