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Mutuelles :  Quelle prise en charge des médecines alternatives ?

Depuis une dizaine d’années, de plus en plus de personnes font confiance aux médecines dites « douces » ou « alternatives ». Mais face à des pratiques souvent onéreuses et rarement prises en charges, les institutions tardent à emboiter le pas.
Comment s’y retrouver, et être remboursé au mieux ?

Acuponcture, magnétisme, iridologie… Depuis quelques années, ces pratiques dont le nom juridique officiel est « médecines non conventionnelles » suscitent l’intérêt grandissant des français : plus de 4 personnes sur 10 font appel à ces méthodes, que l’OMS dénombre à plus de quatre cent. Pourtant, malgré cet engouement pour une prise en charge plus naturelle de notre santé, les institutions ont peine à suivre. D’une pratique à l’autre, l’encadrement, la reconnaissance légale et la prise en charge varient… Et il est bien difficile d’y voir clair !

La France en retard

Il faut d’abord savoir que ces pratiques sont classifiées en quatre catégories par l’ordre des médecins : les thérapies biologiques (phytothérapie, aromathérapie…), les thérapies manuelles (osthéopathie, chiropractie…), les approches corps-esprit (hypnose, méditation, sophrologie…), et les systèmes complets (acuponcture, homéopathie…).

Cependant, seuls les titres d’ostéopathe et de chiropracteurs sont légalisés aujourd’hui. Maître Isabelle Robard, avocat, docteur en droit, et spécialisée en droit de la santé explique que « Notre réglementation sur l’exercice illégal de la médecine est très ancienne puisqu’elle remonte à 200 ans. Donc de ce fait potentiellement, tout praticien peut se trouver confronté à une poursuite. »

Alors que la sécurité sociale rembourse de moins en moins, les mutuelles prennent le relais

Pendant qu’en Espagne ouvre le premier hôpital européen spécialisé en médecine chinoise, qu’en Allemagne les Heilpratikers (naturothérapeutes) travaillent en équipe avec les médecins et sont remboursés ; en France, l’État se met avec lenteur et précaution au diapason. L’avocat ajoute qu’« on a du retard lorsqu’on se réfère au droit comparé par rapport au Portugal ou à l’Allemagne, par exemple. Le Portugal a beaucoup d’avance, j’ai travaillé avec les pouvoirs publics et cela a débouché sur une loi qui a permis de légaliser les naturopathes, les praticiens en acuponcture, en médecine chinoise, en shiatsu etc. » Pourtant même l’OMS, dans un rapport portant sur sa stratégie pour la médecine traditionnelle pour les années 2014-2023, reconnaît leur efficacité « les médecines traditionnelles dont la qualité, la sécurité et l’efficacité sont avérées, participent à la réalisation de l’objectif de donner à tous un accès aux soins » peut-on y lire.

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